Mardi 10 janvier
Cette fois, c’est le départ. Direction la gare routière où je peux trouver des bus “normaux“, de 5 à 10 fois moins cher que les bus touristiques. Et puis, de toute façon, si c’est pour se taper des commentaires en mandarin ou en cantonnais, non merci.
On quitte Guilin. La périphérie de la ville est assez misérable. Les gens ne vivent sans doute pas si mal, mais ils n’ont aucun souci de l’esthétiques de leurs lieux d’habitation. Ce qui frappe également, c’est la poussière.
Voyage sans histoire à travers la campagne du Guangxi. Ça ne ressemble pas au Guangdong. Ici, c’est très étrange comme paysage, limite surréaliste, tout plat avec ces pics en pain de sucre qui parsèment le paysage, avec quelque fermes et des villages de temps en temps. Ce n’est pas très riant pour autant. Pas étonnant que James Cameron se soit inspiré des montagnes locales et que les autochtones aient été remplacés par une armée de Schtroumpfs écolos.
Yangshuo, sorte de Woodstock chinois.
Un petit peu comme si le personnage de Jack Nicholson dans Rencontre du 3e Type etait passé par là....
Arrivée à Yangshuo. C’est un petit village super sympa littéralement entouré de ces fameuses montagnes. L’ambiance tranche complètement avec la campagne environnante. Ici, tout est propre et bien fait. C’est vraiment un repère de hippies, avec les boutiques qui vont avec. On se croirait presque à la maison. En tout cas, ça change de Hong Kong, ça c’est sur !
La rue des routards, avec plein de souvenirs genre "ethniques", en pleine saison morte.
Je trouve un conducteur pour me conduire sur la rivière Li… Ça fait un peu promène-con, mais j’ai pas le choix, et on m’avait dis que ce qu’il y’avait à voir coupait le souffle. Il m’emmène sans mot dire jusqu’au point ou l’on peut apercevoir le même panorama que sur les billets de 20 yuans. Succès garanti sur les touristes chinois, qui en profitent pour prendre une photos du billet avec le panorama derrière. Je n’avais pas 20 yuans. Bah !
Comme un air d'Apocalypse Now, mais sans Martin Sheen.
Retour au village, après une longue négo avec mon chauffeur sur le prix du truc. Je vais manger dans un restaurant où j’ai une conversation bien marrante avec les deux serveuses sur les stéréotypes attribués aux Hongkongais, plutôt étonnées de voir un Laowai à cette période de l’année. Elle remplacent mes baguettes par une fourchette, je leur répond que ce n’est pas la peine, tout fier !
Sympa, non?
Le bateau est là pile pour les photos. Sacrés chinois!
Retour sur le plancher des vaches!
Retour à Guilin. Dans le bus, un jeune soldat discute avec sa supérieur hiérarchique ou un genre de commissaire politique. Elle à l’air de plutôt l’engueuler. Le pauvre.
J’ai juste le temps de sauter dans le train pour Kunming. Les gares chinoises ont une organisation incroyable. On est contrôlé à l’entrée, tickets et rayon X, puis on va dans la salle d’attente dédiée à chaque train, où on attend le signal pour rentrer tous ensemble. Les chinois viennent 1 heure en avance, et la compagnie ferroviaire demande de venir 45 minutes en avance, même si 10 suffisent de mon point de vue ! (On est latin, ou on l’est pas !) Après être rentré dans son wagon, et avoir été contrôlé une nouvelle fois à l’entrée du wagon, on rejoint sa couchette. Toute les places ont des prix différents, pas question d’échanger ! Le train en marche, une employé, en grand uniforme qui ferait pâlir un contrôleur SNCF si souvent négligé dans sa tenue, vient pour collecter les tickets et nous remet en échange une petite carte plastifié. Elle place tous les tickets dans un genre de classeur prévu à cet effet, un peu genre classeur de philatéliste, mais avec des cases plus grosses, les tickets tchongs ayant les dimensions d’une carte de crédit. (Pas con, les noichs !) Je pense que tout ceci leur sert à réveiller les passagers, une fois arrivé au bon endroit, souvent en pleine nuit.
Un occidental passe dans le wagon. Il a l’air d’un allemand, ou d’un suédois. Il rejoint un groupe d’autres occidentaux dans le wagon d’à coté. Je lie conversation. Ils sont américains, sauf le suédois-allemand qui est en fait australien, et la copine d’un des yankee qui est cantonaise. Ils sont en Chine depuis plus de deux ans. Ils s’occupent de mettre en valeur des sites de grimpes dans le Guangxi, et dans le Yunnan. Apparemment, ils étaient aussi à Yangshuo ce matin. En pratique, ce sont surtout des moniteurs pour touristes anglo-saxons, avec assez de temps libre pour rechercher de nouvelles parois à explorer. On discute, on joue aux cartes jusqu’à point d’heure, dans la nuit, pendant que notre train file vers le Yunnan.
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